Catégories
La fabrique d'actualités

Épuisement professionnel, stress… est-ce primordial ?

Cet article a été coécrit avec Max MASSE, Professionnel-chercheur Lanceur d’idées Inducteur de connaissances

Les historiens étudieront certainement, d’ici quelques années le volume et la qualité des images, articles, études, prises de paroles de tous ordres et de toutes origines qui auront envahi nos environnements professionnels, scientifiques et personnels en matière de « risques psychosociaux » et de gestion ou de prévention de ces risques. Il est certain, dès aujourd’hui, que psychologisation et business se sont mariés et ont eu beaucoup d’enfants….

Et que dire du vocable « risque psychosocial » ? En quoi serait-ce un risque lorsque le travailleur œuvre à prendre en charge les tâches qui lui sont confiées, avec ses émotions, ses valeurs, son identité, etc… Le travail n’est-il pas le résultat permanent d’une construction d’un collectif ?

Heureusement, les travaux du « Collège Gollac » ont apporté une importante et essentielle clarification pour partager une référence commune, une forme de modèle intelligent et intelligible. Rares sont les chercheurs qui ont tenté de prendre un certain recul, à titre d’exemple : Clot (Le travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux), Sarnin, Caroly, Douillet (Contre les « risques » psychosociaux, quel débat sur l’activité ?), Francois HUBAULT (Risques psychosociaux : quelle réalité, quels enjeux pour le travail ?). « Travail », « Activité » constituent leurs axes fondateur et fondamental de recherche parce qu’en s’appuyant sur les conséquences et les causes des risques psychosociaux, leur projet s’attache aux raisons de leur émergence et à la compréhension des interactions entre le(s) travailleur(s) et son/leur environnement considéré comme un système qui s’équilibre en permanence en modifiant les régulations entre ses objets.

L’épuisement professionnel comme le stress illustrent malheureusement à l’excès les tensions, les violences faîtes à soi-même et aux autres entre travail réel (observable) et travail caché (vécu, empêché, refoulé…) pour bien faire le travail. Ceci est l’affaire de spécialistes : médecins, préventeurs, ergonomes, psychologues du travail, assistants sociaux… Nous sommes dans ce cas sur le registre explicatif des liens entre les conséquences et les causes (autrement dit, on « remonte » d’un cran pour expliquer la situation constatée).

Mais l’enjeu est de comprendre la situation du point de vue du travail organisé par prescription. Pour cela il faut chercher les raisons qui ne relèvent plus de la prévention mais de la décision « hors sol » qu’elle soit politique, stratégique, économique, financière, organisationnelle… C’est elle qui produit des effets systémiques et destructeurs sur le travail réel, et par incidence sur le travail caché, et la santé physique et mentale des femmes et des hommes au travail et indirectement sur celles et ceux qui n’en ont pas.

C’est un combat d’une toute autre nature que celui de la prévention des risques professionnels qui s’annonce et qui se situe bien en amont. En tout cas, c’est le nôtre = celui de la prévention primordiale au sens de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la responsabilité sociétale et sociale de tous les employeurs publics ou privés(1). Il mobilise l’ensemble des parties prenantes pour socioconstruire et socioproduire du travail de qualité, des relations socioprofessionnelles et sociales sereines, des professionnalités individuelles et collectives riches qui s’enrichissent dans le quotidien du travail en train de se faire.

C’est bien la recherche, la controverse et le débat (coopérations conflictuelles, Clot) sur le travail et sa qualité qui favorisent individuellement et collectivement la qualité de vie au travail et qui peuvent induire subjectivement le bien-être au travail et la performance.

(1) Boras, K. Masse, M. (2016). Santé-Travail, une porte d’entrée vers la Responsabilité sociale de l’État employeur ?http://fr.calameo.com/books/00293055812d6517ee673

Par Philippe GOULOIS, Cooper'activ

Philippe GOULOIS, catalyseur d'innovation sociale, activateur de bien être et de performance

C’est fort d’une expérience d’une vingtaine d’années du monde du travail qu’il a fait le choix d’une réorientation professionnelle qui l’a conduit vers l’ergonomie, et la faciliation dans des démarches de construction de la santé au travail.

Dans cette première vie professionnelle, il a pu appréhender différents secteurs d’activités dont le secteur de la restauration, de la qualité et enfin celui de la formation professionnelle. Ce dernier lui a permis de développer ses qualités relationnelles et une grande capacité d’écoute auprès de typologies de public hétérogènes mais aussi une bonne pratique du travail en équipe pluridisciplinaire.

Ces expériences professionnelles ont été l’occasion pour lui de cheminer et de disposer aujourd’hui des ressources et des expériences du monde du travail, et ainsi de construire un parcours professionnel atypique. Depuis la réalisation du travail, au management, puis à l’évaluation qualité et à l’accompagnement des individus pour disposer des ressources pour répondre aux attentes de l’entreprise, il s’est orienté vers ce qui joue dans le travail et ce que cela produit pour le salarié et pour la performance de l’entreprise.

En 2000, il obtient un diplôme universitaire sanctionnant une formation et une pratique des sciences de l’éducation, intégrant l’usage des TIC avec une orientation particulière autour de l’ergonomie cognitive et des interfaces pédagogiques entre l’apprenant et son environnement numérique. Aujourd’hui il réinvestit ces compétences dans l’appréhension des situations de travail des opérateurs mais également dans le conception des processus d’apprentissage et du développement des compétences.

En 2011, il complète son parcours universitaire en « Ergonomie, santé et sécurité dans la conduite du changement en entreprise », à l’IETL de LYON 2, puis à l'école national supérieur de cognitique à Bordeaux.

Au sein du rectorat de Lyon ou de la région Rhône-Alpes, il conduit plusieurs projets de construction de la santé au travail mobilisant parfois de nombreux acteurs mais toujours en lien avec le réel du travail des opérateurs en se fondant sur le dialogue social.

Pour enrichir sa pratique, il tente en 2012 l’aventure de l’entreprenariat en qualité de formateur consultant. Il conduit alors plusieurs projets d'innovation sociale dans l’industrie, l’événementiel, et le service à la personne.

Communications

Ministère de l’agriculture, 2001, Rapport du groupe PNNS / Qualité gustative des aliments et environnement des repas : restauration scolaire, hospitalière et aide alimentaire :

Territorial, La gazette des communes, Philippe Goulois L’ergonomie, ou l’art de la prévention . ARTICLE DU NUMÉRO 250 – 23 MAI 2013

Café pédagogique, 2003 : Apprendre avec le numérique : Le paradigme des outils cognitif

Le formateur : éducateur de citoyens éclairés ou développeur de capital humain au service du marché ? Inffo-formation (L’), 01/05/2013, n° 833, p. 24-25

Le Co-développement professionnel. Une ressource au service de l’intelligence collective – Personnel, n° 539, mai 2013, pp. 42-43

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *