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La fabrique d'actualités

Les bonnes nouvelles de la reprise

Construire ensemble

#accompagnement #reprise #aide_etat

Est-ce que vous aussi vous trouvez que le monde d’après manque de relief et d’optimisme ! Qu’avez-vous fait de toutes les expériences que vous avez vécues ? Où sont nos passées nos rêves, nos aspirations, nos projets d’un monde différent ?  Qu’est ce qui reste de nos peurs, de nos colères, de nos folies ou de nos passions ?

A Cooper’activ, nous avons vu émerger en 3 mois de très belles initiatives et nous nous sommes confirmés la nécessité de re-questionner nos rapports à l’erreur et l’incertitude ; de re-construire les relations entre collaborateurs ; de capitaliser nos expériences numériques et d’ancrer nos capacités à « Faire ensemble ».

Ce que cette période a fait émerger de questionnements et de fulgurances nous a conforté dans notre mission de coeur : faire ensemble, grandir et s’épanouir ensemble

Ce virus nous aura donc permis de concevoir en un temps record un module d’accompagnement à la reprise, en format Blended (distanciel et présentiel) construit pour s’intégrer facilement à votre reprise d’activité (gestion maitrisée du temps à mobiliser, équilibre temps individuelle et collectif) : un parcours d’accompagnement par le Design Thinking pour se donner de l’énergie, pour prendre soin des collectifs en permettant de capitaliser les expériences de chacun pour nourrir le groupe, reconstruire des « règles de métiers », et expérimenter de nouvelles manières de faire ensemble.

L’objectif est à la fois de faire émerger les nouvelles compétences du groupe, développer vos nouveaux outils collaboratifs, d’identifier des situations douloureuses pour les prendre en charge au bon moment, mais aussi d’impulser l’énergie nécessaire pour dynamiser les projets en cours et gagner en performance individuelle (mon bien être, la qualité de mon travail) et collective (efficience)

Nous avons développé une offre modulable et nous avons associés les talents de nos amis de THÉÂTRICITÉ pour vous permettre de mettre en discussion vos expériences dans un format différent propice à l’échange et la construction collective

DEUX DISPOSITIFS DE L’ETAT POUR FINANCER NOS ACCOMPAGNEMENTS

Le renforcement du dispositif FNE-Formation 

  • Jusqu’à 1500€ par salarié
  • Pour les entreprises dont certains collaborateurs sont encore en activité partielle.

L’aide au conseil en ressources humaines pour les TPE et PME

  • Jusqu’à 15 000€ par entreprise
  • Pour les entreprises de moins de 300 salariés

Télécharger la plaquette de présentation

Accompagnement à la reprise*

*Les tarifs restent des tarifs indicatifs et seront précisés en fonction de votre projet, du nombre de personnes concernées, des aides qui pourront être mobilisés, etc.)

Laissez moi vous rappeler

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Campus - La Fabrique à compétence L'actualité du Management La fabrique d'actualités

Accompagnement des transformations organisationnelles avec le Codéveloppement

Sortir de sa zone de connaissance pour innover dans son management demande beaucoup d’efforts, tant les habitudes sont fortement ancrées dans une routine rassurante. Chacun risque de retourner aux mêmes recettes et de ne plus jouer son rôle de catalyseur de changement au sein de l’organisation.

A la suite de la phase initiale de prise de conscience ou de formation, pour intégrer de nouvelles compétences et se transformer, il est nécessaire de pouvoir s’interroger sur ses expériences et ses blocages .« Il y a plus dans une idée verbalisée que dans une pensée muette. » Vygotski.  Revisiter sa responsabilité dans ses interactions, parler en toute liberté de ses réussites comme de ses échecs permet de renouveler son adhésion au processus de changement dans lequel on s’est engagé. 

La contribution du Co-Développement

Les groupes de Co-Développement réunissent des pairs à intervalles réguliers qui partagent autour de leurs situations de travail réel en présence d’un animateur, facilitateur.

Le Co-Développement démultiplie la puissance du travail collaboratif en servant d’abord les intérêts individuels pour ensuite apporter au collectif.

Les participants, confrontés aux difficultés de mettre en œuvre du nouveau, sont engagés dans une démarche commune de changement à ancrer dans la durée.

Qu’est-ce qu’un groupe de Codéveloppement ?

Définition « officielle »

« Le groupe de codéveloppement professionnel est une approche de développement pour des personnes qui croient pouvoir apprendre les unes des autres afin d’améliorer leur pratique. La réflexion effectuée, individuellement et en groupe, est favorisée par un exercice structuré de consultation qui porte sur des problématiques vécues actuellement par les participants… »Adrien PAYETTE, Claude CHAMPAGNE, PUQ, 1997

Le Codéveloppement professionnel réunit un groupe de personnes qui partagent des problématiques professionnelles, vont apprendre ensemble et cultiver une « intelligence collective » grâce à un processus en six étapes structurant la parole, l’écoute et la réflexion et incitant à l’action.

Le Codéveloppement est une approche de formation mais ne ressemble pas aux formations traditionnelles ! En ce sens elle est innovante : Il n’y a pas d’un côté un formateur porteur et dépositaire d’un savoir, un sachant qui apporte « la théorie et les cas à traiter » « les facteurs-clés de succès, les points-clé » et de l’autre des apprenants.

Le Codéveloppement est une approche d’apprentissage qui mise sur les interactions entre les participants et l’intelligence collective.

L’objectif des séances est orienté vers des actions qui seront mis en œuvre et discutées dans des séances suivantes.

Le processus est guidé par un animateur de notre cabinet, formé au Codéveloppement, respectueux du code de déontologie élaboré par l’AFCODEV.

Valeur ajoutée des sessions de Co-Développement

  • Débloquer des situations difficiles à la fois individuelles et collectives.
  • Répondre au besoin de pragmatisme et à la charge de travail des participants.
  • Offrir un espace décalé de réflexion, d’innovation et d’apprentissage.
  • Rompre l’isolement des participants en favorisant l’expression et l’écoute dans un petit groupe alliant confidentialité et bienveillance.
  • Développer la transversalité.

Notre expérience nous a montré que cet espace authentique et exigeant permet de faire émerger :

  • une communauté managériale de pairs, soudés par cette expérience récurrente. Ils construisent un réseau de confiance au sein de leur organisation.
  • un réseau apprenant ; les techniques modélisées dans le groupe sont réutilisées pour dépasser une situation délicate voire innover au sein de leur organisation.
  • Centrés sur la revue et l’étude de situations concrètes apportées par les participants, les groupes de Co-Développement favorisent les apprentissages et contribuent à ancrer les changements dans la durée. L’accent est porté d’une part sur la prise de conscience des modes relationnels de chacun et d’autre part sur les freins ou résistances à l’acquisition de comportements novateurs.

Un groupe de Codéveloppement, comment ça se passe ?

Le Groupe de CoDéveloppement professionnel est composé au maximum de six à huit pairs qui ont envie d’apprendre de leurs expériences respectives et ce pour aborder autrement leurs rôles, leur légitimité, leur périmètre d’influence, leurs modes d’action en situation professionnelle. Ils vont se réunir une fois tous les mois, idéalement pendant une année.

Le Groupe de Codéveloppement professionnel offre un lieu d’examen et de traitement de situations réelles et actuelles rencontrées.

Les trois rôles nécessaires au fonctionnement d’un groupe de codéveloppement professionnel :

  • Le rôle de « client » porteur d’une préoccupation, d’un problème ou d’un projet qui souhaite être aidé à réfléchir, explorer, trouver des pistes, des regards différents. Le client change à chaque séance.
  • Le rôle de « consultant », de contributeur au service du client dans sa situation ; les consultants apportent leurs expériences, leurs regards, leurs suggestions, leurs pistes d’action, leurs ressentis en fonction de la demande du client.

Les rôles de client et de consultant changent d’une séance à l’autre.

  • Le rôle « d’animateur » : l’animateur guide le groupe tout au long des 6 étapes du codéveloppement. Formé à l’approche du Codéveloppement, attentif à la fois au processus et au contenu de la séance, il stimule en finesse les interactions au sein du petit groupe. Il est le garant du code de déontologie.

Le style particulier et la qualité de l’animation ainsi que les interactions au sein du groupe, activent de nouvelles compétences, conduisent à changer certains principes d’action et à élaborer en confiance une approche, une décision ou une possibilité de comportement nouveau.

Le cadre spatio temporel

Le groupe de co-developpement se réunit dans une salle neutre équipée de paper board et marqueurs.

Une consultation dure en moyenne 1h30 à 1h45; durée à laquelle il convient de rajouter :

  • pour la première séance 45 minutes d’explications et de pose de cadre,
  • pour les autres séances 15 minutes de retour sur la consultation précédente.

 Afin de garantir la réussite du processus, chaque participant sera « client » au moins une fois dans une séance, l’idéal étant de passer deux fois dans un cycle d’apprentissage.

L’inter consultation est défini entre les participants en fonction :

  • de leurs agendas et contraintes,
  • de leurs enjeux dans les situations apportées.
  • 4 à 6 semaines sont des inter-consultations classiques.

Déroulé type d’une séance

Cycle de CODEV - 6 étapes -

Retour sur la séance précédente : le client de la séance précédente fait un retour sur ses expérimentations.

Choix du nouveau sujet de consultation s’il n’a pas été décidé au préalable.

Ensuite les échanges du groupe sont structurés par un processus de consultation en six étapes invariables :

1. Exposé

Exposition d’une problématique, d’un projet ou d’une préoccupation (les 3 P)

Le client expose…la situation, les consultants écoutent.

2. Clarification

Les consultants posent des questions… le client répond et précise.

3. Contrat

Le « client » formule sa demande au groupe et précise le type de consultation souhaitée. Les consultants s’assurent avec le client que le contrat permettra la consultation.

4. Consultation – exploration

Les consultants réagissent : ils partagent leurs impressions, questions réflexives, réactions, commentaires, idées, suggestions… Le client écoute sans débattre, fait préciser au besoin, et note les suggestions des consultants.

5 Synthèse des apprentissages et plan d’action par le « client »

Le client assimile l’information, indique ce qu’il retient, et conçoit un plan d’action. Pendant ce temps, les consultants font la synthèse de leurs apprentissages du jour

6 Apprentissage et Régulation

Le client et les consultants décrivent leurs apprentissages. Ils se régulent et évaluent la session.

Conclusion

Aux bénéfices traditionnels du coaching individuel s’ajoutent des « effets de bord » vertueux en termes d’apprentissage, de décloisonnement de l’organisation, voire de prévention des risques psycho-sociaux. Tout cela favorise l’émergence d’une culture de l’initiative et de la responsabilité et une dynamique collective pérenne particulièrement intéressante pour les directions d’entreprises et pour l’ensemble de l’organisation.

Le Co-Développement :

  • Complète des apprentissages didactiques par un accompagnement sur le « terrain » lors de la confrontation à des expériences réelles.
  • Favorise l’apparition de communautés au-delà même du temps de Co-Développement, en créant l’expérience de la richesse d’un partage avec les ressources présentes.
  • Favorise l’émergence de nouvelles best practices voire, d’innovations, qui vont nourrir le processus de changement.

A partir de la méthodologie développé par Mrs Champagne et Payette, nous proposons des formations en Inter pour former les futurs facilitateurs  de séance de CODEV et nous les accompagnons dans l’organisation de leur première séance avec leur (vrai) client. Voir notre offre sur le campus

Bibliographie

PAYETTE, A. CHAMPAGNE, C (1997),  Le groupe de codéveloppement professionnel. Presses de l’Université du Québec.

HOFFNER-LESURE, A. DELAUNAY D. (2011), Le codéveloppement professionnel et managérial : L’approche qui rend acteur et développe l’intelligence collective. Editions EMS, collection Pratiques d’Entreprises.

Prochaine session

Pour toute demande sur l’ingénierie, l’animation ou la formation interne d’animateurs de groupes de codéveloppement managérial, contactez nous 

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Épuisement professionnel, stress… est-ce primordial ?

Cet article a été coécrit avec Max MASSE, Professionnel-chercheur Lanceur d’idées Inducteur de connaissances

Les historiens étudieront certainement, d’ici quelques années le volume et la qualité des images, articles, études, prises de paroles de tous ordres et de toutes origines qui auront envahi nos environnements professionnels, scientifiques et personnels en matière de « risques psychosociaux » et de gestion ou de prévention de ces risques. Il est certain, dès aujourd’hui, que psychologisation et business se sont mariés et ont eu beaucoup d’enfants….

Et que dire du vocable « risque psychosocial » ? En quoi serait-ce un risque lorsque le travailleur œuvre à prendre en charge les tâches qui lui sont confiées, avec ses émotions, ses valeurs, son identité, etc… Le travail n’est-il pas le résultat permanent d’une construction d’un collectif ?

Heureusement, les travaux du « Collège Gollac » ont apporté une importante et essentielle clarification pour partager une référence commune, une forme de modèle intelligent et intelligible. Rares sont les chercheurs qui ont tenté de prendre un certain recul, à titre d’exemple : Clot (Le travail à cœur. Pour en finir avec les risques psychosociaux), Sarnin, Caroly, Douillet (Contre les « risques » psychosociaux, quel débat sur l’activité ?), Francois HUBAULT (Risques psychosociaux : quelle réalité, quels enjeux pour le travail ?). « Travail », « Activité » constituent leurs axes fondateur et fondamental de recherche parce qu’en s’appuyant sur les conséquences et les causes des risques psychosociaux, leur projet s’attache aux raisons de leur émergence et à la compréhension des interactions entre le(s) travailleur(s) et son/leur environnement considéré comme un système qui s’équilibre en permanence en modifiant les régulations entre ses objets.

L’épuisement professionnel comme le stress illustrent malheureusement à l’excès les tensions, les violences faîtes à soi-même et aux autres entre travail réel (observable) et travail caché (vécu, empêché, refoulé…) pour bien faire le travail. Ceci est l’affaire de spécialistes : médecins, préventeurs, ergonomes, psychologues du travail, assistants sociaux… Nous sommes dans ce cas sur le registre explicatif des liens entre les conséquences et les causes (autrement dit, on « remonte » d’un cran pour expliquer la situation constatée).

Mais l’enjeu est de comprendre la situation du point de vue du travail organisé par prescription. Pour cela il faut chercher les raisons qui ne relèvent plus de la prévention mais de la décision « hors sol » qu’elle soit politique, stratégique, économique, financière, organisationnelle… C’est elle qui produit des effets systémiques et destructeurs sur le travail réel, et par incidence sur le travail caché, et la santé physique et mentale des femmes et des hommes au travail et indirectement sur celles et ceux qui n’en ont pas.

C’est un combat d’une toute autre nature que celui de la prévention des risques professionnels qui s’annonce et qui se situe bien en amont. En tout cas, c’est le nôtre = celui de la prévention primordiale au sens de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la responsabilité sociétale et sociale de tous les employeurs publics ou privés(1). Il mobilise l’ensemble des parties prenantes pour socioconstruire et socioproduire du travail de qualité, des relations socioprofessionnelles et sociales sereines, des professionnalités individuelles et collectives riches qui s’enrichissent dans le quotidien du travail en train de se faire.

C’est bien la recherche, la controverse et le débat (coopérations conflictuelles, Clot) sur le travail et sa qualité qui favorisent individuellement et collectivement la qualité de vie au travail et qui peuvent induire subjectivement le bien-être au travail et la performance.

(1) Boras, K. Masse, M. (2016). Santé-Travail, une porte d’entrée vers la Responsabilité sociale de l’État employeur ?http://fr.calameo.com/books/00293055812d6517ee673

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Sur les attaques contre les certificats médicaux dans le contexte des atteintes professionnelles à la santé mentale

Philippe Davezies, enseignant-chercheur en médecine et santé au travail. Université Claude Bernard Lyon1, publie régulièrement sur son site personnel des communications.

l’une des dernières est un article dont le nom dit tout : Sur les attaques contre les certificats médicaux dans le contexte des atteintes professionnelles à la santé mentale.

Cet article montre bien la sensibilité du sujet complexité actuelle sur ces questions de travail et de santé, du lien entre travail et santé et santé et travail. Le texte démontre la tension qu’il existe entre médecine et entreprises, comment les situations psychosociales du fait du travail font peur aux entreprises, qui plutôt que d’envisager des actions visant à les prendre en charge, les résoudre et ainsi gagner en performance, cherchent à protéger leur intérêt en attaquant systématiquement les certificats, et par conséquent leurs salariés.

Voici un extrait de l’article pour illustrer cela :

Dans un contexte aussi flou, le fait que des praticiens s’exposent en donnant les arguments sur lesquels ils fondent leur avis témoigne plutôt, de leur part, d’un souci de rigueur professionnelle.[…]
En posant le problème de cette façon, il est possible de développer un argumentaire pour la défense des collègues incriminés. Au contraire l’attitude qui consiste à contourner, comme sans importance, la question de la forme des certificats – et donc à ne pas porter la discussion sur le nœud de contradictions qu’elle constitue – incitera nécessairement la juridiction administrative à sanctionner pour maintenir les exigences générales qui garantissent la valeur probante des certificats.
Mais surtout, cela permet de traiter l’affaire comme un problème de travail : problème de travail pour les médecins, mais aussi exigence de travail sur ses propres normes par le conseil de l’ordre.
[…]
Au contraire, en ne posant pas la question comme un problème de travail, mais en la situant d’emblée dans le registre de l’affrontement social, la montée en généralité tend à transformer la déclaration de pathologie professionnelle en une activité héroïque. C’est un résultat qu’il est absolument nécessaire d’éviter, car nous avons besoin de professionnels, pas de martyrs.

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Au travail est-ce que tricher est tromper ? Approche psychodynamique de la régulation

Dès que notre intérêt se porte sur la question du travail, nous ne pouvons nous empêcher de constater que les situations de travail ordinaires sont constamment marquées par des imprévus, des accidents, des pannes, etc… qui obligent les individus à faire preuve d’intelligence et de capacités d’adaptation non négligeables. Ce décalage entre les prévisions de l’organisation du travail et la réalité concrète des situations de travail a été décrit maintes fois – très particulièrement dans les travaux de l’ergonomie de langue française – et est aujourd’hui connu sous le nom de “réel du travail”. En outre, lorsque nous observons les moyens déployés par les individus pour faire face à ce réel, nous sommes obligés de constater l’existence de nombreux trucages, tricheries, bidouillages et autres ficelles de métier. Ainsi, pour mener à bout leur tâche, les agents sont parfois obligés de commettre des « infractions », voire de transgresser les procédures, les règles collectives. Ces trouvailles s’avèrent être la plupart du temps autant de contributions à un travail de qualité, conçu d’après les règles de l’art.

Néanmoins, on peut aujourd’hui trouver dans certains domaines des pratiques qui (sur un registre purement instrumental) participent à l’accomplissement de la tâche de façon efficace, mais qui restent discutables sur un plan éthique (on peut citer, par exemple, l’utilisation du mensonge « commercial » dans la présentation des mets dans un restaurant). Ainsi, comme les bidouillages ou les tricheries, ces pratiques fonctionnent comme des outils de travail efficaces, mais restent désormais contestables sur un plan éthique et moral. Nous arrivons ainsi à la question que je souhaite poser : quels critères nous permettent de distinguer ce qui relève du domaine de la tricherie de ce qui relève du domaine de la tromperie ? Puisque la distinction entre tricherie et tromperie semble être d’une importance cruciale, nous allons puiser dans les outils théoriques de la psychodynamique du travail des éléments de réponse à cette question.

Le terme de “tricherie” a un sens particulier en psychodynamique du travail, il désigne certains écarts ou transgressions par rapport à la prescription dont le but recherché est de mener le travail à terme en tenant compte des contradictions de l’organisation du travail (Molinier, 2006). Les tricheries sont ordinaires dans le travail mais les solutions mises en oeuvre ne sont pas toujours satisfaisantes pour le sujet lui-même, notamment lorsque la tricherie va à l’encontre du sens du travail et des valeurs qui y sont associées. Dans ce dernier cas nous parlerons dorénavant de tromperie. Ainsi, la tromperie est en contradiction avec les règles et les valeurs associées au travail, soit sur un plan technique, soit sur un plan moral et éthique. Ces règles et valeurs – définies par un collectif de travail – constituent un ensemble de règles de métier. Ces dernières ne sont pas prescrites, elles sont le produit d’une activité déontologique et relèvent d’un accord entre les individus sur ce qui est juste, valide, correct ou légitime. Ainsi, elles comportent une dimension éthique : elles fixent ce qu’il est juste de faire ou ce qu’il n’est pas juste de faire. C’est par rapport à cette dimension éthique (“la visée de la vie bonne”) que les pratiques de travail vont être évaluées et que nous pourrons distinguer la tricherie – qui respecte les règles éthiques – de la tromperie, qui va à leur encontre. C’est le jugement porté par les pairs (jugement d’utilité et jugement de beauté), par le collectif de travail, qui décide quels sont les bons moyens, les moyens justes, pour mener à terme le travail.

La distinction mise en évidence entre la tricherie (telle quelle est conçue par la psychodynamique du travail) et la tromperie (telle que nous l’avons définie ici, en tant que tricherie qui va à l’encontre des règles éthiques de métier), nous amène à nous interroger sur ce dernier terme et à la possibilité de le développer en tant que concept dans le corpus théorique de la psychodynamique du travail. Dans ce cas, la notion de tromperie serait à rapprocher de celles de sale boulot et de souffrance éthique, introduites par Christophe Dejours (Dejours, 1998). Mais en abordant le problème de la distinction entre tricherie et tromperie, je souhaitais inscrire cet exposé dans un autre débat qui porte sur la question du jugement sur le travail et de sa validité (qui est-ce qui juge mon travail ? d’après quels critères ?). Ce point nous amène par ailleurs à nous interroger sur la question de la banalisation du mal, qui touche cette fois-ci à des enjeux politiques et philosophiques majeurs. En effet, ce qu’il importerait de comprendre dans un deuxième temps c’est dans quelle mesure est-il possible que des pratiques relevant de l’exercice du mal (la tromperie), moralement condamnables, puissent devenir des règles de métier admises et employées larga manu par des collectifs de travail composés de gens ordinaires ? Comment se fait-il qu’aujourd’hui le mensonge, la duperie et la fausseté prédominent à certains endroits comme des pratiques acceptées et parfois encouragées ? La question est alors de savoir quelle place accorder à la dimension éthique présente dans le travail et de quelle façon les individus remanient leur sens moral dans le rapport subjectif au travail. D’après Duarte Rolo.

Bibliographie :

– Dejours C., 1998, Souffrance en France, Paris, Éditions du Seuil.
– Molinier P., 2006, Les enjeux psychiques du travail, Paris, Éditions Payot & Rivages.